"Au-delà des frontières de la guerre, Tout est possible!" - avec Yuval RaHamim, militant pour la paix Israël-Palestine
Dans ce premier épisode, vous allez faire la connaissance de notre héros du jour, un grand homme, un homme comme vous et moi. Youval RaHamim, militant pour la paix israélo-palestinienne. Il a été président de l’association israélo-palestinienne « Le cercle des proches » (The parents circle) qui rassemble les personnes les plus vulnérables aux discours de haine, les familles ayant subi une perte dans les guerres. Ces personnes sont également les mieux placées pour s’opposer aux discours de guerre, ce qu’ils font avec humanité et courahe, pour transformer la haine en action pour la paix. Youval RaHamim a également été président du Forum des associations pour la paix, et il est aujourd’hui l’un des initiateurs d’une fondation pour soutenir les associations de paix en Israël, appelé « chalom alénou ». Comment en est-il arrivé là ? Qu’est-ce qui le pousse à agir ? Comment fait-il pour garder l’espoir ? Nous aurons 50 minutes pour en parler, et vous serez peut-être touché.es comme moi par l’alliance de détermination, de sagesse et de douceur qui émanent de ses propos. Notre entretien a eu lieu en avril, juste avant la Pâques juive, alors que Youval, bloqué à Paris en raison de la guerre, amorçait la mobilisation autour de son projet.
Nous allons d’abord parler de son action, de son expérience dans les organisations en faveur de la paix, de l’action pour la paix qu’il mène aujourd’hui, de sa vision de la société israélienne actuelle et de ce qui la traverse. Ensuite, nous parlerons de son histoire, mais je ne veux pas brûler les étapes…
Je ne vous en dis pas plus. Un petit rappel néanmoins, avant de commencer : Le sujet est sensible. Nous ne sommes pas ici dans les doubles discours. Lui, comme moi, faisons place à l’expérience et au récit de l’autre, au mieux de nos possibilités. Nous vous demandons d’en faire autant. Nous sommes toutes et tous en chemin, et communiquer entre nous nous permet de nous améliorer dans l’ouverture à l’autre, et de créer ensemble de nouveaux chemins, au-delà des frontières. C’est parti pour l’interview !
🌺Un Podcast de Floriane Chinsky, produit et réalisé par Floriane Chinsky.
🎶 Musique originale de Antoine Dumézy.
Au programme:
Le projet Chalom Alénou, l'histoire de l'espoir de paix en Israël, la paix dans le judaïsme, une histoire personnelle vers la paix, les anges ne peuvent pas chanter, agir là où nous en avons le pouvoir, garder l'espoir, comment soutenir notre chemin vers la paix, être ouvert.es à l'autre, agir même modestement.
Personnalités et site mentionnées:
https://www.shalomaleinu.org/en/about-en
https://fr.jcall.eu/
https://parentscirclefriends.org/
Mots clefs et idées centrales:
Critiquer en interne, quand on possède la connaissance, la prise de risque et l'accountibility
Soutenir la paix dans tous les camps
Hébreu: Chalom=paix, Alénou=sur nous, AléHem=sur vous, Kadich=texte central prononcé dans les offices et dans les enterrements qui se termine par un appel à la paix, Amida=texte central prononcé dans les offices et qui se termine par un appel à la paix, Or lagoyim=espoir juif de contribuer en bien à la culture humaine, MaHloket=désaccord constructif, élément central de l'étude de la Torah dans le judaïsme et essentiel dans la reconstruction du judaïsme entre le -Ie et +II siècle.
Transcript
Bienvenue dans Au-delà des frontières, le podcast qui permet à des passionnés de liberté comme vous de rencontrer des itinéraires incroyables et d'ouvrir de nouveaux possibles.
Speaker A:Dans ce premier épisode, vous allez faire la connaissance de notre héros du jour, un grand homme, un homme comme vous et moi, Yuval Rahamim, militant pour la paix israélo-palestinienne.
Speaker A:Il a été président de l'association israélo-palestinienne Le Cercle des Proches, The Parents Circle, qui rassemble les personnes les plus vulnérables au discours de haine, les familles ayant subi une perte dans la guerre.
Speaker A:Ces personnes sont également les mieux placées pour s'opposer au discours de guerre, ce qu'ils font avec humanité et courage, pour transformer la haine en action pour la paix.
Speaker A:Yuval Rahamim a également été président du Forum des associations pour la paix et il est aujourd'hui l'un des initiateurs d'une fondation pour soutenir les associations de paix en Israël, appelée Shalom Aleinu, la paix pour nous.
Speaker A:Comment en est-il arrivé là?
Speaker A:Qu'est-ce qui le pousse à agir?
Speaker A:Comment fait-il pour garder l'espoir?
Speaker A:Nous aurons 50 minutes pour en parler et vous serez peut-être touchés comme moi par l'alliance de détermination, de sagesse et de douceur qui émanent de ces propos.
Speaker A: entretien a eu lieu en avril: Speaker A:Je suis Floriane Chinsky et chaque jour, j'accompagne des personnes et des organisations vers des fonctionnements plus joyeux et plus efficaces.
Speaker A:Je ne vous en dis pas plus.
Speaker A:Un petit rappel néanmoins avant de commencer.
Speaker A:Le sujet est sensible.
Speaker A:Nous ne sommes pas ici dans les doubles discours, nous ne sommes pas ici pour faire plaisir à 100% à un camp ou à un autre.
Speaker A:Nous exprimons tous les deux notre expérience en faisant au mieux la place au récit de l'autre, au mieux de nos possibilités.
Speaker A:Nous vous demandons d'en faire autant.
Speaker A:Nous sommes toutes et tous en chemin et communiquer entre nous nous permet de nous améliorer dans l'ouverture à l'autre pour créer ensemble de nouveaux chemins au-delà des frontières.
Speaker A:C'est parti pour l'interview.
Speaker A:Bonjour Yuval.
Speaker B:Bonjour Floriane.
Speaker A:Je suis très émue de t'accueillir ici, chez moi.
Speaker A:On est à Paris, dans des circonstances un petit peu particulières.
Speaker A:Voilà.
Speaker A:T'es bloqué à Paris en fait?
Speaker B:C'est difficile à dire bloqué parce que je me sens pas bloqué, je me sens à l'aise ici.
Speaker B:Donc j'ai choisi de passer le temps ici avant de revenir en Israël.
Speaker B:Je n'étais pas envisagé dans mon trip, dans mon voyage.
Speaker B:J'étais au Canada, j'étais aux Etats-Unis et je n'ai pas pu rentrer immédiatement donc j'ai décidé de passer ici parce que j'ai des amis, j'ai des projets ici et ça a bien tourné.
Speaker A:Et c'est exactement le projet du podcast, traverser les frontières, être chez soi partout, s'accueillir les uns, les unes, les autres, où qu'on soit et trouver le meilleur de ce qu'on a à faire même si ce n'était pas prévu comme ça.
Speaker B:Voilà, exactement.
Speaker A:Dis-nous quelque chose de la raison de ta venue, de ton voyage hors d'Israël parce que c'est un projet vraiment extraordinaire.
Speaker B:Alors j'ai parti il y a exactement un mois d'Israël pour aller présenter ma nouvelle initiative à Washington dans la conférence de J Street.
Speaker B:Cette entreprise s'appelle Shalom Aleinu.
Speaker A:Shalom, aléno, la paix sur nous et tu l'as présenté à J Street qui est un appel des juifs américains autour du travail de soutenir la paix en Israël.
Speaker B:Oui, pour soutenir la démocratie, la paix pour Israël et dans le congrès, dans l'administration américaine.
Speaker A:Et donc Shalom, aléno, c'est le projet que tu venais défendre et tu peux nous en dire un petit mot.
Speaker B:Shalom Aleinu, ça va conclure toute mon expérience de 17 ans en travaillant pour la paix en Israël et en même temps en Israël et en Palestine.
Speaker B:J'ai passé des années à travailler pour le cercle des parents, le forum des familles enduillées en Israël.
Speaker B:C'est une organisation binationale des familles enduillées.
Speaker B:Et aussi j'ai dirigé le forum des ONG pour la paix en Israël.
Speaker B:Donc j'avais beaucoup d'expérience et de connaissances de tout ce qui se passe.
Speaker B:Je ne vais pas dire que c'est la grande réussite là, pendant des années.
Speaker B:La lutte pour la paix confronte des objections et des cultures qui détériorent de temps en temps, pendant des années.
Speaker B:Donc la réception des concepts de la paix en Israël diminue autour des années, au lieu de se développer, au lieu de retourner à ce qui se passait, je sais pas, dans les années où j'étais enfant, dans les années 60, où on a rêvé de la paix, où on a croyé que nous on veut la paix.
Speaker B:Les pays arabes, ils refusent, ils veulent se débarrasser de nous, du Moyen-Orient.
Speaker A:Il y a aussi un autre côté, qui est le désir de paix, du côté des Arabes, des Arabes israéliens et des Palestiniens.
Speaker B:Moi, à mon avis, c'est toute une histoire qu'on raconte.
Speaker B:Mais pour moi, cette histoire que je tiens depuis mon enfance, c'est que nous, on veut la paix et on attend qu'on nous tienne la main.
Speaker A:Ce que tu veux dire c'est que les israéliens tendent la main et attendent que les palestiniens et que les pays arabes attrapent la main voilà ce que.
Speaker B:Je veux dire c'est que la culture a complètement changé en israël après la guerre des six jours et donc on a Au fur et à mesure, on a commencé à croire qu'on n'a pas besoin de la paix maintenant.
Speaker B:On n'a pas besoin de la paix du tout, parce qu'on tient bien avec la sécurité, avec l'armée, avec tout ça, que les Arabes se débrouillent.
Speaker B:Nous, on est à l'aise, on peut gérer ces conflits.
Speaker B:Donc il y a des attentats de temps en temps, mais on les contient, c'est-à-dire on est bien.
Speaker B:Et même avec le développement des concepts de droite et d'extrême droite même, la paix a disparu des discours publics, elle a disparu de l'éducation, elle a disparu de la communication et surtout elle a disparu de la culture.
Speaker A:Tu parlais des histoires qu'on se raconte et l'histoire qu'on veut raconter là, toi et moi, c'est l'histoire de ton courage et du courage de tellement d'autres personnes, de dépasser les frontières qui se mettent entre nous et qui permettent la guerre.
Speaker A:Pour créer des alliances et c'est tellement beau et je suis tellement émue de te recevoir maintenant et peut-être encore un mot sur Shalom Aleichem Shalom Aleinu Shalom Aleinu parce que voilà Shalom Aleichem ça veut dire la paix pour vous salam alaykoum en arabe mais shalom alenou c'est parce que ça se place du point de vue de l'intérieur c'est notre intérêt de faire la paix et là je l'ai dit d'une façon générale pour les israéliens c'est l'intérêt des israéliens de faire la paix des palestiniens c'est vrai de nous en france c'est notre intérêt à nous de cultiver la paix là où on agit donc shalom alenou alors j'ai.
Speaker B:Choisi ça j'ai choisi ces noms déjà comme tu as dit c'est shalom alenou c'est shalom sur nous Parce qu'il y a beaucoup d'israéliens qui ont la perception, comme j'ai dit avant, que la paix ce n'est pas pour nous.
Speaker B:Parce que nous on est bien, la paix c'est pour l'état palestinien, pour la libération de la Palestine.
Speaker B:Donc, au fur et à mesure, le mot paix, la paix, est devenu un gros mot.
Speaker B:C'est-à-dire que si on parle de la paix, ça veut dire qu'on est mis déjà dans le côté gauche, dans le côté pro-palestinien.
Speaker B:Mais c'est fou, c'est faux, parce que la paix c'est pour nous, la paix c'est pour l'état d'Israël, c'est pour l'avenir de l'état d'Israël, c'est pour l'esprit de l'état d'Israël, c'est pour les morales qui se développent.
Speaker B:On est déjà cent ans dans un état de guerre, ça a un impact énorme, un dégât énorme sur les morales des enfants, des soldats, de la société.
Speaker B:Donc d'abord, La première chose c'est la paix, c'est pour nous.
Speaker B:C'est pour ça Shalom Aleinu.
Speaker B:Mais aussi Shalom Aleinu ça vient des Kaddish.
Speaker B:C'est une prière qu'on dit tous les jours.
Speaker B:Aussi Shalom Aleinu.
Speaker B:Alors?
Speaker A:La force qui fait la paix dans le hauteur, aussi Shalom B'Ivromahav, Huyas et Shalom, cette force-là fera la paix à Léno sur nous, et sur Petit Israel, et on rajoute souvent dans beaucoup de communautés, et surtout les habitants de la terre.
Speaker B:Moi j'ajoute toujours quand je suis sur le tombeau de mon père, je dis le Kaddish, J'ai toujours ajouté aussi Shalom Aleinu, Val Kol Amo Yisrael, Val Kol HaOlam.
Speaker B:Parce que ça manque dans les textes d'origine et moi je pense que c'est indispensable.
Speaker B:Alors j'ai ajouté...
Speaker B:C'est partie de ce nom, Shalom Aleinu, en tant qu'une prière, parce que c'est une prière que l'on dit tout le temps.
Speaker B:Moi je prie toujours pour la paix.
Speaker B:Donc c'est très important que le nom et l'association soient alliés.
Speaker B:Dans les racines, dans notre racine juive, parce que la paix c'est un concept.
Speaker A:C'est nous, c'est partout, c'est à chaque mot, c'est à la fin du Kaddish comme tu le disais, c'est à la fin de ce texte tellement important qui s'appelle la Hamida, c'est partout.
Speaker B:Alors Shalom Aleinu, quand j'ai fait déjà, comme j'ai dit avant, 17 ans de travail dans les sociétés, dans les associations pour la paix en Israël et entre Israël et la Palestine.
Speaker B:Et je ne cache pas qu'il y a plein de programmes et plein d'associations qui travaillent là-dessus.
Speaker B:Ici, en France, peut-être on ne le connaît pas tellement, mais il y a plus de 100 associations qui travaillent de différents niveaux, de différentes communautés, des stratégies différentes sur la paix entre Israël et la Palestine, soit dans les moyens sociaux, soit dans les réseaux, soit dans la politique ou les recherches.
Speaker B:Mais ce qui manque, il ne manque pas de talent, il ne manque pas d'initiatives, il ne manque pas de stratégies, de l'ingéniosité.
Speaker B:Mais ce qu'il manque c'est des ressources.
Speaker B:Parce que toutes ces associations, elles manquent beaucoup de ressources.
Speaker B:Donc tout le travail est très très petit, avec très peu d'impact.
Speaker B:Parce qu'il faut de l'argent pour avoir un impact sur la société israélienne.
Speaker B:C'est en face à une machine de communication et d'éducation énorme, avec beaucoup de ressources de la droite, du gouvernement, Et face à ça, il faut mettre quelque chose qui est aussi puissant, aussi intelligent, aussi performant, pour gagner l'âme de la société israélienne.
Speaker A:Très techniquement, le fait d'être entendu, d'avoir une place dans les médias, d'avoir une place dans les réseaux sociaux, les bonnes idées pour les développer, il faut effectivement soutien, il faut de l'argent derrière.
Speaker A:Et donc tu as décidé de te mettre au service de toutes ces associations avec ce fonds de collecte d'argent.
Speaker B:Exactement.
Speaker B:Je ne voulais pas faire une autre association, une autre idée, parce qu'il y en a plein.
Speaker B:Ce qui manque, c'est que moi, je prends tous mes contacts, tous mes talents, toute mon expérience, et de choisir les associations ou les programmes ou les channels, les canaux, qui sont les plus importants ou avec le plus d'impact, surtout dans la communication et sur l'éducation.
Speaker B:Là, je trouve où il y a des impacts.
Speaker B:Au court terme et au long terme.
Speaker B:Alors c'est ça que j'ai choisi, les programmes les plus efficaces, ces programmes que je vais investir, l'argent que je vais lever.
Speaker A:Donc ça c'est ton action, celle que tu entreprends maintenant.
Speaker A:Pour avoir plus d'informations, il y a le site internet qui s'appelle shalomaleno.org Je suis contente qu'on ait commencé par l'action et c'est assez typique de moi de commencer par les projets.
Speaker A:Je voudrais dire une petite chose parce que tu sais en France le contexte est compliqué et parfois quand on critique Israël, alors il y a des personnes qui se sentent en insécurité parce qu'elles sont victimes d'antisémitisme à cause de ça d'un côté, et puis il y a d'autres personnes qui s'en saisissent pour justement critiquer Israël, critiquer deux fois et tenter plus Israël, critiquer les Juifs avec et faire naître de l'antisémitisme.
Speaker A:Ce que je veux dire ici, c'est une chose que je répète souvent et que je trouve très importante, c'est que c'est à chacun, chacune d'entre nous de critiquer ou d'éclairer les phénomènes compliqués de nos propres sociétés.
Speaker A:Et donc toi tu parles de la société israélienne dont tu fais partie, que tu côtoies.
Speaker A:Sur laquelle tu travailles et c'est pas du tout pareil qu'une personne qui serait en France, qui connaîtrait personne, ni palestinien, ni israélien et qui dirait la même chose, enfin la même chose que toi, tu vois.
Speaker A:Et c'est pour ça que j'aime bien cette rencontre parce qu'à travers ce que toi tu fais pour ta société, En Israël, nous, en tant que Françaises et Français, c'est important qu'on voit ce que nous on peut faire pour notre société en France, aussi dans le cadre où il y a des enjeux démocratiques.
Speaker A:On a beaucoup de choses à apprendre de toutes les belles initiatives des uns des unes des autres.
Speaker A:Et c'était ma petite aparté comme ça pour être bien claire sur le fait que toi comme moi, on est en faveur de la paix et de la prise de responsabilité et de aucune instrumentalisation.
Speaker A:De nos propos.
Speaker A:Après, ça appartient aux autres.
Speaker A:Chacun fera ce qu'il veut, mais voilà.
Speaker B:Mais je pense que c'est très fortement aliéné.
Speaker B:La situation ici en France et la situation en Israël, avec la communauté juive ici qui souffre à cause des conflits qui sont là depuis 100 ans, qui ont beaucoup d'influence partout dans le monde et partout où il y a des Juifs.
Speaker B:Ils payent, si tu veux, ils payent la charge de ces conflits avec les relations dans leur communauté, dans leur pays où ils vivent parce qu'il y a beaucoup de critiques dans les dernières années vis-à-vis d'Israël et cette critique se transforme en critique sur tout ce qui est juif et zioniste et qui soutient l'Israël, l'état d'Israël.
Speaker A:Et la paix en Israël aurait un impact positif sur les Juifs de France.
Speaker A:Mais je voudrais dire aussi qu'il y a une instrumentalisation derrière ça.
Speaker A:Donc les Juifs de France payent la guerre en Israël parce qu'on leur fait payer, parce que cette guerre est exploitée et instrumentalisée dans plein de pays pour jouer sur plein de choses, parce qu'il n'y a pas de vraies raisons La guerre en Israël n'a pas d'impact sur les Juifs en France.
Speaker A:On crée des chaînes d'impact là-dessus.
Speaker A:Ici, le but du podcast, c'est de...
Speaker A:Montrer des choses bien, donner de l'espoir, donner du courage, comprendre que les frontières qui nous séparent, on peut les dépasser.
Speaker A:Et toutes les frontières.
Speaker A:Donc moi par exemple, une des frontières que j'ai dépassé, dont je suis très très très très fière, c'est ma timidité en fait.
Speaker A:Enfin, ça aussi c'est dépasser une frontière, tu vois?
Speaker A:L'impuissance ça peut être aussi une frontière et puis bah ce qui nous sépare d'autres peuples aussi ça peut être une frontière enfin voilà donc Yuval Rahamim est-ce que tu peux te présenter sous l'angle de qui es-tu et quelles frontières tu.
Speaker B:As traversé voilà ok bon alors cette histoire commence quand j'étais petit quand j'avais huit ans j'ai perdu mon père et c'était à la guerre Et ma décision était de venger la mort de mon père.
Speaker B:Donc être un soldat, un pilote, des chasses ou de faire tomber des bombes sur les Arabes qui ont tué mon père.
Speaker B:Alors c'était une rêve d'être d'enfant, un peu romantique comme ça.
Speaker B:Mais quand même, ça m'a motivé à aller dans une école militaire et de faire mon service militaire assez long.
Speaker B:Heureusement, je n'ai pas tué personne.
Speaker B:Mais je suis allé dans les années 60-70.
Speaker B:L'esprit en Israël était très militaire, très gagnant, très confiant de la pouvoir israélien et du succès israélien.
Speaker B:Sans penser du tout à la paix.
Speaker B:Et moi, je suis grandi dans cet environnement.
Speaker B:Moi, je suis le fruit de cette éducation, de cette notion nationale, tout ça.
Speaker B:Et au fur et à mesure, quand les années passaient, il y avait encore des guerres, les guerres de Liban, les guerres de Yom Kippour, les guerres encore de Liban, les intifadas, toutes les guerres dans le Gaza et la Cisjordanie.
Speaker B:Donc, au bout d'un moment, j'ai commencé à penser que ça ne va pas.
Speaker B:Il y a quelque chose qui ne va pas.
Speaker B:On a des leaders, on a fait des guerres.
Speaker B:Bon, on nous a dit qu'on a gagné les guerres, mais quand même, ça continue.
Speaker B:Il y a des gens qui meurent des deux côtés.
Speaker B:Et c'est surtout quand mes enfants, mes grands, mes aînés, mon fils aîné est allé à l'armée pour la première fois.
Speaker B:Pour les services militaires.
Speaker B:Et j'ai commencé à comprendre ce qu'ils faisaient là-bas.
Speaker B:Ça m'a beaucoup touché.
Speaker B:Ils ne défendent pas l'État d'Israël, finalement.
Speaker B:Ils défendent l'occupation des Palestiniens.
Speaker B:Le trafic civil des Palestiniens d'un village à l'autre.
Speaker B:Il est dans le checkpoint, il contrôle les papiers, il décide s'ils vont passer ou non.
Speaker B:Ce n'est pas défendre l'état d'Israël à mon avis.
Speaker A:Tu dis trafic, tu veux dire le passage de l'égalité.
Speaker B:Le voyage simple et civil d'un village à l'autre.
Speaker A:Il y a un poste frontière intérieure.
Speaker B:Oui, il y a des centaines de postes comme ça.
Speaker B:Et comme ça, j'ai commencé à m'enseigner qu'est-ce qui se passe là, comment ça se fait qu'au bout de tellement des années, on n'a pas encore des processus réussis pour finir ce conflit.
Speaker B:Et si tu veux, c'est ça la première frontière que j'ai franchie.
Speaker A:De passer de «mon père est mort, faut qu'on gagne» à «on n'est pas en train de gagner, faut trouver autre chose».
Speaker A:C'est cette frontière-là, en fait.
Speaker B:Oui.
Speaker B:Enfin, c'est la frontière entre les narratifs israéliens.
Speaker B:Qu'on ait tous grandi sur ces narratifs, qu'on est petit, qu'on est faible, qu'on est entouré des arabes qui vont nous tuer, jeter à la mer, et qu'on est juste, qu'on n'a rien fait de mal, tout ça.
Speaker B:Et ça, c'est l'essence de la culture israélienne.
Speaker B:Et pour commencer à regarder dehors de cette narrative, C'est très difficile.
Speaker B:C'est très, très, très difficile.
Speaker B:Parce que déjà, quand j'ai commencé mes recherches, mon recherche pour trouver ce que je peux faire en tant qu'un civil, dès 50 ans, j'ai rencontré des Palestiniens.
Speaker B:J'ai entendu des histoires qui ne m'ont pas plu du tout.
Speaker B:Ça ne m'appelait pas du tout d'entendre l'histoire palestinienne, le narratif palestinien.
Speaker B:Mais en même temps, ce sont des gens très honnêtes et très bien.
Speaker A:Oui, c'est troublant.
Speaker B:C'était très troublant.
Speaker B:Ça m'a bouleversé, ça m'a choqué, si tu veux, ça m'a choqué l'identité.
Speaker B:Mon identité était choquée, était bouleversée.
Speaker B:Donc comment ça se fait que moi, en tant qu'Israélien, qui n'ai rien fait de mal à personne, que cet État n'ait rien fait de mal à personne, tout ce qu'il voulait c'est de survivre, de sauver la paix des Juifs, qu'on les rapproche tellement de choses qui sont très mal.
Speaker B:On les rapproche des crimes même, des génocides, des déportations, tout ça.
Speaker B:La Nakba, tout ça, ça m'a vraiment bouleversé.
Speaker B:Je voulais pas reconnaître que nous on a fait tout ça et comment ça peut tenir avec la même identité que je tiens toujours, un juif, un israélien, un zioniste.
Speaker B:Alors c'est ça la première frontière que j'ai franchie, c'est de sortir de cette histoire qui est toute bien...
Speaker A:On est les gentils.
Speaker B:On est les gentils, mais c'est pas seulement qu'on est les gentils, on est les victimes.
Speaker A:On est les gentils, on est les victimes, il faut qu'on se défende.
Speaker A:Chose que je peux comprendre.
Speaker A:Mais effectivement, si on s'arrête là, on ne fait jamais de place aux autres.
Speaker A:Donc ça, c'est ta première frontière.
Speaker A:Tu en as dépassé d'autres.
Speaker B:Tu sais, il y a une histoire à propos de ça, que j'ai entendue des rabbins à Anguilla de Caribe.
Speaker B:Je tiens beaucoup à Anguilla de Caribe.
Speaker B:Il a toujours des histoires qui sont très, très au point là, sur le sujet des narratives.
Speaker B: Il y avait dans la guerre de: Speaker B:On avait beaucoup de gens qui sont venus pour parler.
Speaker B:Elbil était un d'eux.
Speaker B:Et il racontait une histoire qui est d'Etiat Mitzrayim.
Speaker A:La sortie d'Egypte?
Speaker B:Oui, avec la chante, et la chante après les morts de toutes les...
Speaker B:Les armées égyptiennes, le chant de la mer,.
Speaker A:Donc les hébreux sont poursuivis par l'armée égyptienne, la mer est fermée de vent, ils sont foutus, puis miraculeusement, enfin il y a plein de choses qui se passent, mais en résumé la mer s'ouvre, les hébreux passent, l'armée égyptienne passe derrière, les poursuit dans la mer, et puis les hébreux passent juste de l'autre côté, et là la mer se referme sur les égyptiens, et tous les égyptiens sont morts, et les hébreux chantent parce qu'ils ont survécu, Et je crois que je sais quelle histoire tu vas raconter, elle est très belle, vas-y raconte là, je t'en prie.
Speaker B:Alors c'était pas les juifs, les peuples hébreux, les anges commençaient à chanter, à chanter pour la mort de l'armée égyptienne.
Speaker B:Et Dieu était très fâché avec eux.
Speaker B:Il a dit, mes œuvres se noient dans la mer et vous vous chantez.
Speaker A:Vous, les anges, vous n'avez pas le droit de chanter pendant que les Égyptiens meurent dans la mer parce qu'ils sont mes enfants aussi.
Speaker B:Voilà, exactement.
Speaker B:Et ça, c'est quelque chose qui...
Speaker B:Ça aussi, c'est franchir les frontières, parce que c'est aussi sortir de l'histoire qu'il n'y a qu'un seul côté.
Speaker B:Il n'y a que nous.
Speaker A:Et ça, c'est du mirage.
Speaker A:C'est écrit au 6e, 8e, 12e siècle.
Speaker A:Donc, c'est très ancré dans notre tradition.
Speaker A:Alors moi je lis de deux façons cette histoire.
Speaker A:Je lis un, les hébreux ils ont le droit de chanter en vrai parce que eux ils viennent d'échapper à la mort en fait et ils ont le droit et moi je soutiens que les hébreux ils chantent, ils chantent et ils dansent.
Speaker A:Maintenant il y a zéro problème pour moi là-dessus.
Speaker A:Mais il faut pas, c'est pour ça qu'on a besoin d'être ensemble aussi parce que quand moi je sors d'un traumatisme et que je chante c'est bien que une autre personne soit un peu plus haut et même tout en aimant aussi le réel et en préparant le coup d'après et la paix.
Speaker A:J'adore ce midrash, c'est un des premiers que mes parents m'ont raconté.
Speaker B:Alors, on doit toujours se défendre, on doit toujours avoir l'armée, on va toujours garder les frontières, je n'annule pas ça.
Speaker B:Il faut toujours savoir que l'état d'Israël, ce n'est pas évident.
Speaker B:Il faut la défendre toujours.
Speaker B:En même temps, on peut ouvrir une petite fenêtre pour voir ce qui se passe dehors.
Speaker B:Quel est le prix que l'autre paye pour notre sécurité?
Speaker B:Est-ce qu'on est prêt à tout faire pour garder notre sécurité?
Speaker B:C'est-à-dire faire du mal aux autres à n'importe quel prix, juste pour sauver notre sécurité?
Speaker B:Est-ce qu'il y a une autre solution?
Speaker A:Derrière ça, la question qui se pose pour chacun, chacune d'entre nous, c'est quelles frontières, nous, on veut traverser encore?
Speaker A:Quelles sont les personnes qui, pour nous, à l'intérieur de nous, sont encore l'autre auquel on ne peut pas parler?
Speaker A:Et parce que, de la même façon, c'est systémique.
Speaker A:Chaque fois que nous, on traverse une frontière, on fait tomber l'idée des frontières en général.
Speaker A:Et on contribue à la paix partout.
Speaker A:Et de ce point de vue-là, tout ce qui se passe pour les Israéliens, Israéliennes, Palestiniens, Palestiniennes, c'est aussi le fruit de toutes les frontières intérieures que plein d'autres gens ont dans leur tête et qui n'aident pas la situation locale.
Speaker A:Donc moi, je reviens sur chaque personne qui entend ce podcast, soyons des alliés pour faire partir les frontières dans nos têtes, aller les uns vers les autres, nourrir la paix partout pour qu'il y ait une contamination, une propagation générale de la paix.
Speaker A:Nous voici au milieu de cette rencontre.
Speaker A:Merci d'être arrivé jusqu'ici.
Speaker A:Il est important de dire ici que la paix a besoin de chacun, chacune d'entre nous, au-delà de toutes les frontières qui pourraient nous séparer.
Speaker A:Votre écoute crée une différence dans le monde.
Speaker A:Personne ne peut faire la paix seule.
Speaker A:Personne ne peut amener la paix par magie.
Speaker A:La clé est entre vos, entre nos mains.
Speaker A:Chaque geste que vous faites pour la paix est essentiel.
Speaker A:Vous pouvez vous abonner à ce podcast, le partager, en parler lorsque d'autres parlent dans la haine.
Speaker A:Parlons dans la paix des personnes qui agissent pour la paix, en responsabilisant celles et ceux qui parlent sans savoir, sans risque et sans redevabilité.
Speaker A:Parlons des personnes qui prennent des risques pour la paix, dans le respect de l'autre à chaque occasion et quand le désespoir nous rattrape.
Speaker A:Participez aux associations qui vous font du bien, contribuez à ce qu'elles se rassemblent, de près ou de loin, car là réside notre force, dans ce réseau que nous tissons.
Speaker A:Ou bien rester en backup.
Speaker A:Tout le monde ne peut pas agir tout le temps.
Speaker A:Nos vies sont parfois très prenantes et dans ce cas, simplement rester ensemble, garder le lien et nous faire du bien reste essentiel car nous avons besoin les uns, les unes, des autres.
Speaker A:Donc toi, tu as traversé cette frontière-là, Yuval, et quels autres?
Speaker A:Où est-ce que c'était dur pour toi et que tu as réussi à passer d'une chose à une autre dans ta vie?
Speaker B:C'est très difficile, mais je trouve que déjà, quand je suis toujours sur ce sujet-là, j'arrive à garder mon espoir pour qu'il y ait quelque chose de mieux, quelque chose d'autre.
Speaker B:Et quand je parle aux gens qui ont perdu l'espoir, qui sont tout à fait dans le...
Speaker B:Dans l'absurdité de notre histoire israélienne qui n'a pas de maintenant actuellement, il n'a pas d'espoir, il n'a pas de bout.
Speaker B:Quand je le parle, au début il me dit bon il n'y a pas la paix, de quoi tu parles, c'est foutu, on n'a pas à qui parler tout ça.
Speaker B:Mais là je ne lâche pas, je continue.
Speaker B:Et je leur montre que c'est possible, qu'il y a des partenaires, qu'il y a des chemins, qu'il y a de quoi faire, qu'il y a des solutions.
Speaker B:Et au fur et à mesure, je sens que leurs écoutes changent.
Speaker B:Ils commencent à m'écouter différemment.
Speaker B:C'est pas que j'essaie de les convaincre, mais ils me regardent autant qu'une source d'espoir.
Speaker A:Comment tu fais ça?
Speaker A:T'es un magicien?
Speaker B:Non, non, c'est pas un magicien, c'est tout simplement, je crois à ce que je fais.
Speaker B:Et apparemment, ça change l'esprit des gens quand ils, quelques fois, pour la première fois, ils rencontrent quelque chose comme ça, et ils voient, bon, ils connaissent tout mon schéma, alors j'ai parti, j'étais pas né en tant qu'activiste de la paix, je suis né, avec mon histoire personnelle, dans un endroit complètement différent.
Speaker B:Et là j'ai fait tout ce parcours, et quand je lui parle de ce parcours, que c'est possible, alors que quelqu'un qui a perdu son père, qui était plein de haine pour les Arabes, il a fait tout ce chemin, pour arriver à un point où je vois des Palestiniens tous les jours, et je parle avec eux, et je trouve Je trouve que l'humanité est de l'autre côté et je trouve qu'on peut trouver, c'est pas tout le monde bien sûr, mais on peut trouver des gens avec qui on peut parler, on peut trouver des solutions, on peut faire des sacrifices, on paye, mais on paye beaucoup moins pour avoir la paix que pour avoir la guerre.
Speaker A:Ah oui Jean, c'est toi qui disais, si ça se trouve c'est toi qui disais ça.
Speaker A:Je t'entendais dire qu'un jour de guerre coûte combien?
Speaker B:Maintenant cette guerre actuelle, une journée de guerre, ça coûte un milliard.
Speaker B:Et avec ça on peut faire la paix.
Speaker B:Avec ça, les coûts d'un jour, de la guerre, si on a un milliard de dollars ou d'euros, on peut faire la paix parce qu'on peut perdre l'éducation, la communication, les négociations, tout ça, c'est très très péché, c'est un très bon marché.
Speaker B:Donc on paye tellement pour garder cette situation, cette réalité de guerre, pour avoir quasi-sécurité, parce que c'est pas une vraie sécurité de courir dans les abris.
Speaker B:On a les dômes de fer, voilà.
Speaker B:Est-ce que ça nous donne vraiment de la sécurité?
Speaker B:Alors, le dôme de fer, ça chute des missiles en plein air pour nous protéger.
Speaker B:Mais pourquoi avoir ces missiles qui nous cherchent au premier moment, au premier temps?
Speaker A:Bon, il y a un petit peu l'Iran derrière et on rentre peut-être un.
Speaker B:Petit peu dans d'autres choses.
Speaker B:Oui, bien choqué à l'Iran, mais il y a nous aussi.
Speaker A:Mais c'est sûr, et je constate ça souvent, je lis ça à plein d'endroits, que la paix et la solidarité coûtent beaucoup beaucoup moins cher que toutes les autres stratégies.
Speaker B:C'est pas seulement que ça coûte moins cher, Ça rend aussi beaucoup, ça rend la prospérité de tout le Moyen-Orient.
Speaker B:Parce qu'avec la paix, déjà la paix va être distribuée partout dans le monde.
Speaker B:Parce que si on a la paix dans la terre sainte, ça va propager.
Speaker A:Ça va se propager, ça va se diffuser.
Speaker B:Partout dans le monde, ça va donner l'espoir à tous les gens qui vont entendre le conflit.
Speaker B:Parce que nous, quand on a réussi de faire diffuser la technologie, la séance, tout ça, les peuples juifs et les peuples israéliens, on va être la source de la paix au monde.
Speaker A:Tu sais que ce que tu dis c'est c'est vraiment tellement la condition juive c'est à dire qu'on est tellement tellement minoritaire dans le monde que d'une certaine façon pour être en paix on a besoin de faire la paix dans le monde et donc on se on travaille enfin je dis pas que c'est toutes les personnes juives et tout je n'en sais rien chacun chacune a sa vie avec ses difficultés voilà je veux pas du tout généraliser mais tu vois je pense à une personnalité comme Marshall Rosenberg qui a créé la communication non violente c'est un prophète incroyable il y a consacré sa vie parce que son enfance était extrêmement dure en tant que juif et j'ai pas à raconter ici mais je pense à Eleazar Zamenhof qui a été le fondateur de l'espéranto donc là une langue universelle tu vois si on veut s'en sortir en tant que personne juive il faut faire venir la période de paix et d'amour et de justice qui est l'ère messianique et je mentionne juste aussi parce que histoire de mentionner des femmes aussi et puis j'ai énormément de respect et elle est une source d'inspiration pour moi.
Speaker A:Je sais pas si t'es au courant que Starhawk, Danielle Simmons, Starhawk, la fondatrice de l'écoféminisme aux Etats-Unis.
Speaker B:Non, je connais pas.
Speaker A:Elle a grandi dans le judaïsme avec des parents juifs russes et elle s'en est écartée mais sans jamais le rejeter et elle a créé quelque chose d'absolument, un système absolument incroyable.
Speaker A:Du côté d'un mouvement qui s'appelle reclaiming, et c'est encore toute une histoire.
Speaker A:Et donc c'est ce que tu dis là, et c'est ce qui t'anime, et je sais que c'est ce qui m'anime aussi.
Speaker B:Et tu vois, c'est ce que je pense, le vrai sens de Orla Goyme.
Speaker A:Lumière pour les nations.
Speaker B:Oui, alors c'est la lumière de la paix.
Speaker B:Il faut prendre la responsabilité pour le faire.
Speaker B:Ça n'arrive pas comme ça tout seul.
Speaker B:Il faut en travailler.
Speaker B:C'est pour ça que j'ai dit, c'est un travail qu'il faut faire.
Speaker B:On est coincé dans une situation de guerre pendant si longtemps que cette situation nous a changé l'esprit, nous a changé la culture.
Speaker B:Et c'est pour ça qu'on voit en Israël, les français, ils trouvent une société très agressive, très violente, des fois.
Speaker B:Et pour changer ça, il faudra des générations.
Speaker B:Mais il faut commencer quand même.
Speaker A:Alors en tant que juive française j'entends ce que tu dis et c'est vrai que la dureté de la société israélienne est pas facile et des gens aussi mais il y a aussi derrière ça une simplicité, un souci de l'autre c'est normal qu'on s'engueule et ça veut pas dire qu'on va se taper dessus tu vois et c'est normal qu'on se dise les choses et c'est normal qu'on s'entraide et ça On le perçoit, cette simplicité, moi je la perçois aussi énormément dans la société israélienne et par exemple se promener dans les rues de Tel Aviv le soir à minuit, c'est extraordinaire en tant que femme par rapport à se promener à d'autres endroits parce qu'on sent, il y a des familles, il y a des jeunes et il y a des gens.
Speaker A:On sent que si il se passe quelque chose, tout le monde, que personne ne peut faire quelque chose d'horrible dans la rue parce que tout le monde réagit.
Speaker A:Et je voulais juste dire ça pour équilibrer.
Speaker B:Dès qu'on ouvre cette fenêtre, on trouve de l'autre côté et des gens qu'on peut parler.
Speaker B:Nous on est habitués, et tu entends ça beaucoup en Israël, tous les Palestiniens sont des terroristes au potentiel.
Speaker A:– Je défends le contraire dans mon livre.
Speaker B:– Oui, alors il y a beaucoup d'Israéliens qui ne voient pas l'humanité de tout.
Speaker B:Mais nous par contre, quand on commence à travailler avec des Palestiniens, on trouve qu'ils sont des êtres humains, ils le sont tous, mais on les a poussés à cause de...
Speaker B:La guerre qui continue si longtemps, on a mis tellement de pression, on ne peut rien expecter.
Speaker B:C'est assez normal qu'il y ait des guérillas qui poussent.
Speaker B:Il y a des combattants, des clandestins, des objections, même armées, pour l'écoupation.
Speaker B:On ne peut pas espérer autrement quand on fait la pression si longtemps sur un peuple.
Speaker B:Je ne justifie pas ça, pas du tout, mais je veux dire, c'est un tout petit peu notre responsabilité.
Speaker A: Serbie au début des années: Speaker A:Comment faire en sorte qu'il y ait des courants, comprendre c'est ce que tu dis là, comprendre les courants qui nous poussent à la haine et à la confrontation avec l'ennemi.
Speaker A:L'autre étant l'ennemi et quels sont les courants qui au contraire permettent de créer autre chose et ça c'est c'est l'oeuvre de toute ta vie des frontières que tu que tu traverses et si tu devais dire quelque chose au Yuval qui était en en difficulté complètement perdu en découvrant le récit des palestiniens si tu devais lui dire quelque chose à ce Yuval là à l'époque tu dirais quoi?
Speaker B:Il faut avoir beaucoup de colonnes vertébrales.
Speaker A:Moi je dis ancrage, je dis centrage.
Speaker B:Il faut avoir beaucoup de centrage parce qu'il y a un moment où tu te confrontes avec des réalités qui ne te conviennent pas du tout.
Speaker B:À ce moment-là, tu as le choix.
Speaker B:Reviens dans ton frontière bien protégée, avec ton histoire et ton cercle, là où il n'y a rien qui menace ton identité.
Speaker B:Sois franchi complètement à l'autre côté, c'est-à-dire passer de l'autre côté et soutenir complètement l'autre côté et laisser tomber ta communauté, ton histoire, tout entièrement.
Speaker B:Ce sont des choix simples, je veux dire.
Speaker B:Mais le choix qui, à mon avis, est important, c'est de rester sur cette frontière et de savoir voir la peur et l'angoisse et la crainte de décoter.
Speaker B:Et de savoir qu'il n'y a pas un côté ou l'autre.
Speaker B:Il faut trouver la synergie, il faut trouver le bien de décoter, il faut trouver le mal de décoter, la peur de décoter, les prix que chaque côté paye.
Speaker B:Donc on est toujours sur cette frontière.
Speaker B:Et il faut garder le centre, il faut garder l'identité.
Speaker B:Et cette identité n'est pas simple.
Speaker B:Elle est très très compliquée.
Speaker B: ôté, elle a une histoire de: Speaker B:D'être détaché de ton propre pays et tout ça.
Speaker B:Et d'un côté, il y a le pouvoir qu'on a maintenant, donc un peuple israélien qui est fort, qui est riche, qui a plein de cultures, mais de l'autre côté, plein d'agressions aussi.
Speaker B:Et des fois, avec pas de passion, pas d'attention de l'autre.
Speaker B:Donc c'est toujours ce conflit-là, qu'il faut être dedans et ne pas avoir peur d'être là.
Speaker A:Tu sais, pour moi, c'est ce que je vois dans le judaïsme, du côté de la marloquette, où on se pose avec la complexité des choses, on n'a pas besoin d'être d'accord, on n'a pas peur de ne pas avoir compris, on sait ce qu'on a compris, on sait ce qu'on n'a pas compris, et on va voir.
Speaker A:Et comme tu es là, et que je suis là, On respire, il va se passer quelque chose.
Speaker B:Exactement.
Speaker B:Parfaitement.
Speaker A:Je voudrais te poser deux questions.
Speaker A:Est-ce que tu peux trouver une personne qui t'a fait la courte échelle, qui t'a permis de monter, et une personne que toi t'as permis de faire monter pour partager les belles histoires?
Speaker B:Bon c'est un peu difficile parce que moi je pense surtout sur mon fils et de l'histoire que je viens de raconter et je peux dire que c'était une recherche personnelle finalement parce que c'était...
Speaker B:J'ai essayé d'ouvrir mes yeux, de ne pas prendre rien en tant qu'évident et ne pas être guidé par l'apparence des choses, pour chercher un peu plus profondément les sources des choses.
Speaker B:Et donc, je n'ai pas une personne à te dire qui m'a pris à la main pour me guider dans ce parcours.
Speaker B:Mais par contre, là où j'ai commencé mon recherche, j'ai trouvé des milliers de personnes qui m'ont aidé.
Speaker B:C'est-à-dire, m'ont raconté des histoires personnelles ou nationales ou des choses...
Speaker B:Et comme ça, je pourrais prendre avec moi beaucoup de...
Speaker B:Des gens qui m'ont accompagné, ma famille, mes enfants, tout ça.
Speaker B:Ils ont regardé cette transformation que j'ai passée.
Speaker B:Ça les a donné beaucoup d'espoir et de...
Speaker B:Inspiration pour suivre ce chemin.
Speaker B:Et c'est ça qui m'a vraiment rendu heureux parce que quand je raconte cette histoire, il y a des gens qui doutent.
Speaker B:Ça leur donne un espoir qui n'était pas là avant.
Speaker B:Donc, c'est ce qui me donne la force de continuer.
Speaker B:L'impact de cette histoire de transformation.
Speaker A:C'est très fort de savoir très fort en soi-même qu'on était à un certain endroit et qu'on a réussi à atteindre autre chose et donc tout peut changer.
Speaker A:Si moi je l'ai fait, c'est quelque part tout le monde peut le faire et si tout le monde le fait, ben la paix elle est là.
Speaker B:Voilà.
Speaker B:Mais c'est très très long, c'est très difficile avec la réalité qu'on a autour de nous.
Speaker B:De la communication de haine, de la communication de guerre, de la communication d'un côté des victimes.
Speaker B:C'est très difficile, mais on peut y réussir.
Speaker B:Il faut avoir des moyens.
Speaker B:C'est ça.
Speaker B:Moi, je suis sur le côté pratique maintenant.
Speaker A:Est-ce que tu as envie de partager quelque chose aux personnes qui nous écoutent?
Speaker B:Oui absolument, je ne parle pas que des juifs, je parle à tout le monde.
Speaker B:Et je pense que de loin notre conflit, surtout quand on n'est pas juif, semble très facile, vous partagez, vous finissez cette histoire.
Speaker B:Et les gens qui ne sont pas juifs, ils me demandent souvent quand je parle à l'étranger, ils me demandent souvent de comprendre ce conflit, parce que souvent, ils prennent des côtés.
Speaker B:Ils prennent position pour les uns et contre les autres.
Speaker B:Qui sont les gentils?
Speaker B:À qui je vais soutenir?
Speaker B:Les Israéliens ou les Palestiniens?
Speaker B:Qui est le juste?
Speaker B:Qui est la victime?
Speaker B:Mais je veux dire, c'est faux.
Speaker B:Parce que si on prend un victime, l'un en tant que victime et l'autre l'agresseur, on ne va pas s'en sortir.
Speaker B:Et les peuples israéliens se sentent comme victimes, victimes de tous les pays arabes, victimes de toute l'histoire.
Speaker A:– Bien sûr, il y a de la vérité là-dedans aussi.
Speaker B:– C'est un peuple qui est revenu à son état d'origine et qui se fait attaquer pendant dix mille ans et maintenant il construit son état et son pouvoir pour tenir, pour pouvoir tenir.
Speaker B:Et de l'autre côté, il y a les Palestiniens qui étaient là-bas.
Speaker B:Et tout d'un coup, il y avait ce peuple qui est arrivé de partout dans le monde, de nulle part même, pour les confisquer, pour prendre la terre, pour prendre le pays.
Speaker B:Alors, c'est eux qui se prennent en tant que victimes.
Speaker B:Mais quand même, ils ont essayé d'agresser aussi, mais ils ont perdu.
Speaker B:Ils ont refusé le programme de partager la terre.
Speaker B:Donc, l'Israël a pris La plupart de la terre, alors pour les étrangers, pour les gens qui ne sont pas juifs, ils prennent des côtés.
Speaker B:Et normalement, on est incliné à prendre les côtés des victimes.
Speaker B:Alors pour le moment, c'est clair, les victimes sont les Palestiniens qui n'ont pas de terre, qui n'ont pas d'indépendance, qui n'ont pas de liberté.
Speaker A:Mais la frontière n'est pas mise au bon endroit parce qu'il y a des palestiniens et palestiniennes victimes, des israéliens et israéliennes victimes et puis des palestiniens et palestiniennes qui sont dans un esprit guerrier et des israéliens et israéliennes qui sont dans un esprit guerrier.
Speaker A:Et même ça, c'est plus compliqué parce que tout le monde est un peu les deux et tout le monde est capable de basculer vers le camp de l'espoir et petit à petit, petit à petit créer la confiance.
Speaker B:Dans cette situation, chaque peuple construit son esprit sur la narrative.
Speaker B:Et évidemment, quand il y a un peuple qui est sous la pression, sous un état de survie, sur la guerre, on fait une narrative, une histoire très solide.
Speaker B:Donc on n'aime pas les gens qui brisent cette histoire, cette narrative ou cet esprit d'État.
Speaker B:Les Palestiniens et les Israéliens, pareil.
Speaker B:Alors quand on est ici, on parle de notre histoire et on essaie de convaincre les gens qui ne sont pas juifs de soutenir notre côté.
Speaker B:Et moi j'ai dit Ce n'est pas un côté ou l'autre, c'est les deux qui sont des victimes.
Speaker B:Les deux côtés, les Palestiniens et les Israéliens, les Juifs et les Arabes, sont les victimes de ces conflits.
Speaker B:Et si tu veux aussi, les victimes des leaderships qui n'avaient pas la sagesse, la conscience qu'il faut arrêter cette guerre, qu'il faut s'asseoir pour le bien des deux peuples.
Speaker B:Il y a des solutions.
Speaker B:Alors si je dis aux Français, Aidez-nous à trouver des solutions.
Speaker B:Prenez pas un côté ou l'autre.
Speaker B:Aidez-nous à s'asseoir ensemble et à trouver la solution de ce centaine de conflits sanguines qui ne vont pas s'arrêter.
Speaker B:Il n'y a pas un côté qui va gagner.
Speaker B:Il n'y a pas un peuple qui va disparaître, ni les Palestiniens ni les Israéliens.
Speaker B:On ne va pas quitter cette terre.
Speaker B:Alors il faut trouver une solution.
Speaker B:Et c'est ça le pouvoir, je pense, de la communauté internationale, des peuples français aussi, de ne pas prendre des côtés, mais par contre de nous aider à finir ce conflit.
Speaker A:Il y a dans le conflit israélo-palestinien quelque chose de facile à utiliser au niveau médiatique.
Speaker A:Par contre, j'ai vraiment confiance dans le fait que créer ces liens-là, entre toi et moi, entre mon public et tes publics, ça permet de changer les choses et ça c'est dans nos mains en tant qu'être humain, en tant que citoyen citoyenne et d'avoir la force de continuer à dépasser toujours les frontières qui nous divisent.
Speaker A:Je voulais te demander, comme c'est un tip à partager avec les gens, une chose que tu fais quand tu as besoin de retrouver ton énergie, quand tu as besoin de retrouver l'espoir.
Speaker A:Une chanson que tu écoutes, une action que tu réalises?
Speaker B:J'écris.
Speaker A:Tu écris?
Speaker B:Oui, j'écris.
Speaker B:J'écris mes pensées, mes craintes, tout ça.
Speaker B:Et si je mets assez de temps et j'ai pas les distractions, je prends pas mon téléphone, je concentre pour 20 minutes, il sort des choses.
Speaker B:Il y a des choses qui sortent, qui me donnent l'espoir, qui me donnent l'action, qui me donnent le programme et je continue.
Speaker B:Et c'est vrai que je perds mon espoir souvent.
Speaker B:Je me lève le matin, plein d'énergie, je recommence.
Speaker B:Il n'y a pas de choix.
Speaker A:Est-ce qu'un poème, une musique, quelque chose qui te fait du bien?
Speaker B:Il y en a plein.
Speaker B:Mais rien de très spécifique.
Speaker B:Ça peut être une chanson, une note que j'entends et qui me rend et qui m'émue.
Speaker B:Tout, tout...
Speaker B:Oui.
Speaker A:Si tu avais quelque chose à demander à quelqu'un, tu demanderais quoi à qui?
Speaker B:Je demande aux gens de ne pas être si sûr, d'être un peu légèrement plus ouvert.
Speaker B:Parce que quand je rentre dans une discussion avec quelqu'un, j'essaie d'identifier immédiatement, est-ce que cette personne va changer quelque chose dans la discussion?
Speaker B:Parce que moi, quand je rentre dans une discussion, J'essaie toujours de dire, ok, je vais entendre cette personne et je vais voir, est-ce que je vais apprendre quelque chose.
Speaker B:Alors si je rentre dans une discussion, j'identifie que cette personne, elle ne veut pas apprendre, elle veut m'enseigner quelque chose, mais il n'y a rien d'ouvert là-bas, donc j'évite.
Speaker B:On parle de temps, on parle de cours, on parle de n'importe quoi, mais j'évite de me mettre dans un conflit qui n'a pas de bouton.
Speaker B:Il n'y a pas de vrais échanges.
Speaker B:On a parlé des makhloket, on a parlé des choses qui ne sont pas déterminées.
Speaker B:Alors c'est ça que je demande.
Speaker B:Si je demande à n'importe qui, quand vous entrez dans une discussion, soyez ouvert, légèrement ouvert, pour entendre, pour prendre quelque chose de votre adversaire.
Speaker B:Parce que là aussi il y a une petite sagesse, un savoir que vous pouvez gagner de ça.
Speaker A:Qui est la personne sage, celle qui apprend de toute autre personne?
Speaker A:Ezé, Uhacham, Halomed, Mikol, Adam.
Speaker B:Il y a une autre demande que j'ai toujours quand j'ai conclu mon Mon discours, je veux dire.
Speaker B:Il y a des gens qui me demandent...
Speaker B:Alors quoi maintenant?
Speaker B:Il n'y a pas une chose que je demande aux gens, mais je leur demande de prendre la responsabilité en tant qu'un leader.
Speaker B:Parce que chacun...
Speaker B:D'entre nous, chacun est un leader.
Speaker B:Chacun a une petite responsabilité de diffuser la paix, de prendre une initiative, même dans son petit cadre, dans la famille, le travail, les amis.
Speaker B:Prenez une petite responsabilité d'échanger quelque chose avec les autres.
Speaker B:Ça suffira.
Speaker A:Yuval, je ne veux pas arrêter cette interview, mais on ne va pas l'arrêter, on la continuera autrement.
Speaker B:Merci beaucoup.
Speaker B:Et Chag Sameach à toi et à tout le monde.
Speaker A:Ouais, une bonne fête de Pessah à toutes et tous, une bonne libération, beaucoup de courage à chacun et à chacune d'entre nous.
Speaker A:Et on est toutes et tous des petits, voilà, des personnes quelque part dans un certain univers avec la possibilité d'ouvrir les univers et de traverser les frontières.
Speaker A:Merci Yuval, Todah Abba, Sankt Sommat Shalom.
Speaker B:Chag Sameach.
Speaker A:Voici la fin de cette rencontre avec Yuval Rahamim.
Speaker A:Si comme moi elle vous a touché et enthousiasmé, vous voudrez peut-être la réécouter, la partager, vous abonner, la mettre en favori sur vos plateformes, bref, lui donner le pouvoir d'action qu'elle mérite.
Speaker A:Souvenez-vous, travailler pour la paix est un choix qui nous réchauffe et qui nous unit au-delà des frontières.
